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Mariages consanguins : Cousins cousines

TRISOMETRIE

Pour certains spécialistes, les malformations, les maladies génétiques ou les arriérations mentales seraient plus fréquentes chez les enfants issus d'une union consanguine et le risque de fausses couches serait augmenté. Pourtant, cela n'empêche point de nombreux Algériens de contracter ce type d'unions. La sensibilisation semble buter sur le mur d'une tradition profondément ancrée. Eclairage.

La Fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement de la recherche (Forem) a tenté à travers une enquête réalisée en 2007 et dans 21 communes réparties sur 12 wilayas du pays — trois wilayas du Sud (El Oued, Biskra et Ghardaïa), quatre du Centre (Alger, Boumerdès, Bouira et Béjaïa), trois de l’Est (Bordj Bou Arréridj, Tébessa et Annaba) et deux de l’Ouest (Oran et Aïn Defla) — de montrer l’ampleur de ce phénomène. Cette étude, menée par des étudiants en médecine en fin de cursus, s’est déroulée dans les PMI où a été opéré le captage des 2600 mamans à la faveur des visites de vaccination. Les enquêteurs ont travaillé sur un échantillon dont 47% des familles ont moins de trois enfants, 37% ont entre quatre et sept, et 7,7% ont plus de sept. Les résultats de l’enquête ont ainsi révélé que le taux de consanguinité est de 38,30%. « Ce taux varie selon les wilayas et donc les communes choisies », souligne la Forem. Avant de préciser que le taux le plus élevé a été retrouvé dans la commune de Bir El Ater, dans la wilaya de Tébessa, avec 88%. Elle sera suivie par la wilaya de Ghardaïa avec un taux de 56%, Aïn Defla avec 52%, Béjaïa avec 50,6%, Bouira 42,5%, Boumerdès 42%, Biskra 34%, Annaba 32,5%, Bordj Bou Arréridj 27% et El Oued 22,5%. La wilaya d’Alger est considérée au-dessous de la moyenne avec un taux de consanguinité de 29,25% alors que le taux le plus bas est retrouvé à Oran, 18,5%. S’agissant de la consanguinité du deuxième degré, qui est la plus marquée dans certaines wilayas, elle est plus importante à Boumerdès, Aïn Defla et Bordj Bou Arréridj avec des taux respectivement de 85,71%, 76,3% et 75,92%. Elle est de bas niveau dans la wilaya d’Oran avec 18,91%. De nombreuses anomalies congénitales observées Concernant les anomalies congénitales observées à la naissance, les enquêteurs ont recensé une série de malformations et de maladies. Il s’agit entre autres du bec de lièvre, la maladie du Duchenne, les cardiopathies, l’agénésie des membres, la trisomie 21 et les mucoviscidoses. Ces anomalies sont très fréquentes avec des taux très élevés (6,52%) soit presque deux à trois fois les taux admis qui sont de 2 à 3%, souligne la Forem. Pour ce qui est des maladies génétiques qui sont très nombreuses dans les familles issues d’un mariage consanguin, les auteurs de cette enquête précisent que la fréquence paraît proportionnelle au lien de consanguinité. Les résultats ont révélé ainsi 23 cas d’anémie hémolytique (béta thalassémie et drépanocytose), 14 cas de cardiopathies congénitales, 8 cas d’hydrocéphalie, 8 cas de myopathie de Duchenne, 8 cas de bec de lièvre, 7 cas d’hémophilie et trois cas de surdité. L’enquête en question montre que suite à une étude comparative entre les familles issues de mariages consanguins à celles non liées par le sang, ces malformations et ces maladies sont plus importantes. A titre d’exemple, l’on cite l’hydrocéphalie qui est 13 fois plus fréquente, l’hémophilie 11 fois plus fréquente, la maladie du Duchenne 8 fois plus fréquente, les maladies neurologiques 7 fois plus fréquentes et les anémies congénitales sont 3 fois plus importantes. Ces résultats renseignent ainsi sur les conséquences de cette union qui semble très importante en Algérie. A l’issue de cette enquête, la Forem conclut que les bouleversements sociologiques survenus au cours des 45 dernières années n’ont eu qu’un effet minime sur les liens de sang. La Forem recommande une approche plus précise, notamment dans les régions réputées à forte endogamie. Difficile sensibilisation Difficile de convaincre en Algérie, un couple de cousins germains de ne pas se marier, sinon de ne pas enfanter étant donné le danger d’avoir une progéniture à risque congénital et qui pourrait donc être affectée de maladies héréditaires. De plus, même si les anomalies sont décelées lors de la grossesse, ce qui n’est pas toujours évident, il serait toutefois difficile d’opter pour une interruption volontaire de grossesse (IVG) en raison des tabous et des interdits religieux… C’est pourtant la seule recommandation à élargir et qui permettrait de minimiser la prévalence des myopathies en Algérie, selon le professeur Hamri, chef du service de neurologie du CHU Benbadis de Constantine. Le mariage consanguin demeure le grand porteur de cette maladie, estime le spécialiste, qui n’écarte pas cependant l’apparition de cas sporadiques chez des couples non consanguins. Concernant l’IVG, en cas de dépistage d’anomalie, le sujet devrait être soumis à un large débat ouvert à tous les spécialistes (médecins, religieux, sociologues…). Pour l’heure, «notre objectif est de prendre en charge les malades dans le cadre du diagnostic. On leur facilite également les procédures avec la Direction de l’action sociale pour qu’ils bénéficient d’une pension, une insertion dans la formation», avance le médecin. Plus de 400 malades myopathes sont actuellement pris en charge au niveau du service de neurologie du CHU. Ils défilent deux fois par semaine pour des bilans ou des séances de rééducation. «En attendant de beaux jours pour un traitement curatif, seul un traitement symptomatique vient au secours de cette frange de malades», nous dira d’emblée le professeur Hamri, qui indique que cette «défaillance en génétique» qui génère un déficit en une protéine spécifique pose problème à travers la planète et conduit à la dégénérescence musculaire. «C’est ce qu’on appelle dystrophinopathie», dira-t-il. Le diagnostic est établi après l’apparition des premiers signes cliniques. Toutefois, en ce qui concerne le dépistage anténatal, dans le cas où le risque est très probable avec les mariages consanguins, «il est possible d’effectuer des tests génétiques et, pour cela, Constantine est suffisamment dotée de compétences du fait que le CHU a franchi un grand bond dans ce domaine», explique le médecin. Mme Sifi, médecin spécialiste dans le même service et qui assure des consultations périodiques à des myopathes, mettra en relief le rôle important du «conseil génétique», opérationnel depuis 2001. Il a permis, à ce jour, de procéder à des dépistages fiables, a-t-elle affirmé. Mais la nécessité d’interrompre la grossesse dès le début de la onzième semaine dans le cas où une anomalie est détectée, est malheureusement freinée par l’absence de textes législatifs qui lèveraient le verrou des tabous pour éviter des naissances atteintes d’anomalies. L’exemple italien, en la matière, est à méditer. Ce pays s’est débarrassé de ce problème en interdisant les mariages consanguins. «Désormais, il appartient aux services compétents de mener une sensibilisation accrue pour dissuader les mariages consanguins», alerte le professeur Hamri. Une tâche qui ne semble pas facile à concrétiser. Notre interlocuteur témoigne en citant un exemple parmi tant d’autres : «On a prévenu un parent après une première naissance de myopathe sur les risques des futurs grossesses, en vain… Malheureusement, on ne peut pas obliger un couple consanguin à ne pas enfanter», déplore-t-il. C’est une culture qu’il faudrait instaurer progressivement en associant non seulement les médecins, mais la société civile, les personnalités religieuses, les psychologues et les associations afin de réduire la prévalence en hausse de ces maladies musculaires héréditaires.

Vos Réactions (1)
1Dimanche, 10 Février 2013 14:37
siham
effectivement moi même je suis mariée à mon cousin maternel, sur 07 grossesses nous avons sauvé deux enfants la première a une maladie de crhon la seconde avait un déficits humanitaire combiné et elle est décédée suite a sa maladie
alors avant de se marier entre cousins
réfléchissez bien aux conséquences
Jeudi, 07 Novembre 2013 10:58
mouna
bnjour
en fait je voudrais me marrier avec mon cousin;et je ne sais pas s il ya destestes fiable;et vous qui étes dirrectement afféctée,je voudrais vous demander est ce que quand on a des enfants malades c'est "la fin de votre vie" comme dirraient certains;
merci de répendre et que dieu soit avec vous

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