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Algerie

Le budget 2012 face au contexte social et économique

budjet2011-2012

 Le gouvernement continue sa politique, à travers le projet de loi de finances 2012,  sur deux fronts : social et économique. Si le social revêt d'une extrême importance vu la conjoncture interne et mondiale, l'économique, quant à lui, n'est qu'une poursuite d'une politique déjà entamée, basée surtout, sur la dépense publique pour amorcer la croissance.

42% des ressources budgétaires destinées au fonctionnement et 58% à l’équipement

Le projet de loi de finances pour 2012 prévoit une hausse de la croissance globale de 4,7% et un maintien de l'inflation à 4%. Ce dernier était de l’ordre de 3.7% l’année dernière. Grâce à une croissance "plus forte" du secteur des hydrocarbures, le gouvernement estime que ce taux est acceptable et qui colle avec la politique monétaire du pays. La loi de finances complémentaire pour 2011 prévoyait une croissance de 3,9% et une inflation de 4%. Le budget de 2012 sera élaboré sur la base du même cadrage que la loi de finances de l'exercice précédent. Ainsi, le projet de loi sera basé sur un prix référentiel de pétrole à 37 dollars/baril, La fiscalité pétrolière budgétisée sera ainsi identique à celle de 2011, puisque basée sur le même prix de pétrole, tandis que la fiscalité ordinaire doit évoluer de 20%.
Le budget de l’Etat pour le prochain exercice (2012) prévoit des dépenses totalisant 7428 milliards DA, soit 95 milliards de US$, destinées à la politique sociale du pays et à l’exécution du programme quinquennal de développement ainsi qu’au soutien public à l’investissement économique.

Ainsi, près de 3150 milliards DA, soit 40 milliards de US$, (42% du budget de l’Etat) sont destinés au fonctionnement du service public, dont 2850 (38 % du budget total) milliards DA) alloués aux salaires des agents de l’Etat. Cette hausse des dépenses liée aux salaires est le résultat de l’adoption des différents régimes indemnitaires des fonctionnaires de l’Etat et la valorisation des salaires. 1300 milliards (17% du budget de l’Etat) DA seront consacrés aux dépenses sociales et de solidarité nationale, notamment le versement des allocations familiales de l’ensemble des travailleurs, y compris du secteur privé, le paiement des compléments de retraites, le soutien des prix du lait, des céréales, des huiles, du sucre, et de l’eau, le raccordement des foyers à l’électricité et au gaz, ainsi que la solidarité nationale à l’endroit des démunis et des handicapés. Les évènements de début de l’année ont poussé l’Etat à mettre davantage plus d’argent pour maintenir une paix sociale vulnérable surtout par la hausse des prix, des fois inexpliquée des produits de première nécessité.
L’aide publique à la création d’emplois par les micro-entreprises ainsi qu’à l’insertion professionnelle par les dispositifs publics, se voit allouer près de 180 milliards DA. Cette optique, vient consolider les actions déjà prise dans le cadre des mesures urgentes prises début mars pour faciliter l’accès aux jeunes aux crédits et à la création d’entreprises. Ce qui permet, dans un premier temps d’absorber une bonne partie des chômeurs qui se convertissent en entrepreneurs dans l’attente qu’eux même créent encore des emplois.

Cette aide envers les jeunes promoteurs s’est traduite par quelques 165.258 projets de Petites et moyennes entreprises avaient enregistrés par les services de l’ANSEJ jusqu’à fin août 2011. Le nombre de projets de PME financés, a atteint 61.118 projets qui ont permis la création de 72.942 emplois directs. Les mesures de lutte contre le chômage prises par le gouvernement début 2011 semblent avoir ranimé les espoirs des jeunes chômeurs de créer leur propre entreprise avec l’aide de l’Etat.

58% su budget alloué à l’investissement public
La réalisation du programme quinquennal d’investissements publics sera dotée en 2012 de 2849 milliards DA en autorisations de programmes. Cela portera à 87% l’ensemble des autorisations libérées pour la mise en études et en chantiers des réalisations inscrites sur la période 2010 à 2014. Le financement du plan quinquennal d'investissement public (2010-2014) est garanti à moyen terme, notamment à la faveur d'un cumul conséquent de l'épargne publique, estimée aujourd'hui à 40% du PIB. Ce qui équivaut 12.000 milliards de dinars/an. Même la dette extérieure de l'Algérie tourne actuellement autour de 5,2 milliards de dollars, alors que la dette extérieure publique a été réduite à moins de 480 millions de dollars. Ce qui signifie que l’Algérie n’a quasiment plus de dette publique. Aujourd'hui, il n'y a pas de dette extérieure à court terme, ni au sein des institutions financières ni dans les entreprises publiques.
Par ailleurs, le soutien public au développement économique se voit allouer 135 milliards DA ventilés entre l’agriculture, la mise à niveau des PME et la bonification des taux d’intérêts.

Les entreprises publiques: le gouffre financier?!
Les entreprises publiques, continuent toujours de bénéficier de l’aide de l’Etat. Ce concours direct de l’Etat à l’investissement économique s’ajoutera aux importants programmes arrêtés au bénéfice de ces entreprises et même privées, ainsi que des agriculteurs, sous forme de crédits alloués par le Trésor ou par les banques avec des taux d’intérêts fortement bonifiés par l’Etat.
Après la phase d’assainissement des entreprises publiques, l’heure est à la consolidation des entreprises publiques viables à fin qu’elles puissent s’ériger comme des entreprises compétentes et qui dégagent des profits. L’effort de préserver le tissu industriel public. Près de 200 entreprises publiques ont déjà bénéficié de la mise en route de leur processus de modernisation pour un total de 600 milliards de dinars (6 milliards d’euros), dont notamment près de 500 milliards de crédits à long terme et fortement bonifiés.

En outre, le projet de loi de finances pour 2012 se distingue d’abord par une proposition d’augmentation de 50% de la part de la fiscalité pétrolière allouée chaque année au Fonds de réserves des retraites mis en place en 2007. Il s’agit là de l’exécution d’une récente décision du Président en vue de sauvegarder le système national des retraites et de pérenniser la solidarité entre les générations.
Aucune proposition d’augmentation de taxes n’est contenue dans ce projet qui comporte également plusieurs mesures destinées à améliorer l’environnement fiscal de l’entreprise et de l’investissement en général, conformément aux recommandations de la réunion de la Tripartite de Mai dernier.
Le climat d’affaires, toujours décrié par les opérateurs économiques, semble avoir plus d’attention de la part des autorités publiques. Ce climat, n’est que le résultat des efforts engagés par tous les acteurs engagés dans le processus de création et l’entreprise et l’activité économique en général. L’amélioration de ce climat, ne peut que bénéfique pour l’emploi et la croissance économique.

Le projet de la LF 2012 prévoit une "légère croissance" des importations qui étaient de 40 milliards de dollars dans la loi de finances de 2011. Les dépenses de fonctionnement doivent aussi augmenter pour prendre en charge les dernières tranches du paiement des régimes indemnitaires particuliers, la poursuite du soutien des prix des produits alimentaires de base et du processus de soutien à l'emploi des jeunes. Quant aux dépenses d'équipement, elles permettront de porter à 80% la couverture des projets inscrits dans le plan quinquennal, engagé en 2010. Le déficit budgétaire sera toujours couvert par le Trésor et partiellement par les plus values du FRR (Fonds de régulation des recettes) qui "doivent légèrement augmenter. En 2011, le déficit budgétaire prévisionnel équivaut à 34% du PIB, même si le déficit économique réel doit tourner autour de 11%.

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